Je ne pense pas que le mot écologie existe en Moré, en tout cas, ici, il vaut mieux pas être écolo. Quoique, ça dépend de quel point de vue. On est parfois choqué par certaines choses, mais d'autres se font tellement plus simplement. Pour commencer, la gestion des déchets ménagers, c'est plus ou moins chacun pour soi. On entasse (quand ce n'est pas jeté n'importe où, au grès des vents) et quand le tas est trop gros ou sent trop mauvais, on brûle. C'est la station d'incinération personnelle à ciel ouvert.
Et pour ce qui ne brûle pas (genre boite de conserve)? Et ben on y laisse sur place, ou si y a trop, on va y enterrer quelque part.
Au début, ça fait bizarre...
Mais si on prend les choses d'un autre côté, il n'y a pas besoin de faire des transports de déchets. Et comme la majorité de la population n'a pas beaucoup de moyen, elle consomme peu de déchets autre que compost.

Un autre problème, c'est les déchets "délocalisés", les déchets envoyés en Afrique. Petit exemple, à l'école, dans la salle d'informatique, il y a pas moins de 8 écrans qui ne fonctionnent plus. Pour l'instant, ils sont entassés dans un coin. Pourquoi? Je pense parce qu'il n'y a nulle part une récupération des vieux ordis, et les laisser dans la nature, je vous laisse imaginer... Donc je suis en train de réfléchir à la question et voir comment "débarasser" ces écrans de manière le plus propre possible.
Bien sûr, tant qu'ils fonctionnaient, ces écrans ont été très utiles, mais...
Et c'est la même choses avec d'autres dons de l'Europe, qui une fois utilisé jusqu'au bout, deviennent des déchets très difficile à débarasser.

Et pour continuer sur la même lancée, on retrouve le même problème avec les véhicules qui s'exportent en masse en Afrique. Seule consolation, vu le prix élevé de l'essence, les Burkinabè préfèrent les véhicules peu gourmants, donc probablement aussi un peu moins polluants (mais c'est pas sûr).

Mais le problème, c'est que si l'on n'exporte pas nos vieux engins, beaucoup de personnes ne pourraient pas s'acheter de véhicules. Donc c'est un "mal nécessaire", mais peut-être qu'il y a un travail à faire auprès des ONG qui oeuvrent en Afrique, pour éviter les trop grandes abérations.

Après cette minute de démoralisation, passons à des choses plus gaies. Par exemple, ici on ne délocalise pas le travail, on fait tout sur place. Par exemple, quand on construit une maison, on amène le sable, le ciment, mais tout le reste se fait sur place (y compris la confection des briques). Ils sont en train de construire du côté de l'entrée de la mission, à côté du CREN, et tout se fait donc sur place, les fers armés, les briques, ...
Et dans les produits locaux, les marchés sont très sympas. On ne compte pas en kg, mais en "tas" ou à la pièce. Le prix est fixé au tas, il suffit de dire combien de tas on veut. Les bannanes ne sont peut-être pas aussi belles qu'en Suisse, mais on voit qu'elles ont muri sur l'arbre. Et les mangues... slurp.
Voilà le résultat de mon marché d'aujourd'hui, tout ça m'a coûté moins de 5frs.
Ce que j'ai pas encore acheté, mais dont je rêve, c'est de la pastèque. Mon problème, c'est que les morceaux déjà coupés vendus le long des routes (exposés à la poussière) ne sont pas recommandés pour mon estomac. Et acheter une pastèque entière, ça fait un peu beaucoup (c'est pas des petites ici ;-), mais je pense que je vais pas résister longtemps. Est-ce que quelqu'un a une recette de glace à la pastèque? Car je pense que c'est le meilleur moyen de la conserver.



Et pour finir, j'ai donc commencé les cours avec les élèves et ça se passe bien, même si c'est un peu bruyant (normal avec des groupes de 30, je pense même que ce serait encore plus bruyant en suisse). Quelques photos des cours avec les CE2 jeudi (y avait que 8 ordis qui fonctionnaient + mon portable).
Et j'ai aussi eu les CM2 ce matin (car le prof devait s'absenter), sont plus disciplinés et j'avais des plus petits groupes (4 groupes d'une vingtaine).