Tourista

Eh oui, quand on part à l'étranger, en dehors du continent, il faut s'attendre à choper cette maladie connue généralement sous le nom de Tourista. Lundi, diharée et maux de ventre. Donc repos et immodium. Et mardi matin, ça allait mieux, donc je suis parti à l'école pour voir si la connexion Internet était rétablie ou sinon, si je pouvais aller avec Issaka trouver une autre connexion haut-débit pour télécharger les drivers. Pas de connexion, et Issaka n'avait pas le temps ce matin, donc j'ai décidé d'assister aux cours et je me suis installée au fond de la classe de CM2.
Sauf que... mon corps ne l'entendait pas de cette oreille et la Tourista sommeillait dans un coin. Vers midi, juste avant la pause, je me suis pas sentie bien, chute de tension, je me suis donc accorchée au tabouret, j'ai bu un peu d'eau, espérant que ça passe. Mais non... j'ai donc du faire peur aux élèves qui m'ont vu tomber et aussi à l'enseignant qui n'a pas compris ce qui se passait. Quand j'ai repris conscience, il me tenait par le bras, me demandant si ça allait. Petit à petit, la tension est remontée et ça allait, même si j'ai bien tappé la tête contre un pupitre (j'ai un beau cocard ;-). J'ai mangé un Farmer en attendant qu'Issaka trouve un véhicule à 4 roues pour me ramener (car je n'étais pas en état de tenir sur sa moto). Et de retour à la maison, ma voisine infirmière s'est occupée de moi.
Bref, du coup, j'ai vraiment gardé le repos en attendant que mon ventre se calme, en m'alimentant de riz, de soupe, de thé, et de quelques médicaments. Ca va de mieux en mieux, mais j'ai compris, je préfère garder le calme jusqu'à la fin de la semaine, on n'est jamais trop prudent... Car même si le ventre va mieux, j'ai pas encore récupéré toutes les forces et avec la chaleur, ça peut faire des effets bizarre.
Bon, inutile de vous faire du souci pour moi, maintenant, c'est bon, et je suis bien entourée. Et interdiction d'en parler à ma grand-maman Annette ;-)
Et donc pour les tests culinaires, je vais attendre encore un peu et redémarrer progressivement les différentes choses, en prenant bien soin de laver, peler, bouillir, ...

Bidonville de Ouagadougou

Texte écrit lundi soir, mais pour les raisons énoncées dans le message suivant, je n'ai pu le mettre avant.

Dimanche, je suis allée faire un tour du côté d'un des bidonvilles de Ouaga. Rassurez-vous, j'y suis pas allée seule, car même si j'ai le plan de Ouaga, les bidonvilles (zone non-lotie), n'y figure tout simplement pas (espace blanc). Non, c'est un des enseignants de l'école, Ousmane, qui m'a proposé d'aller au culte dans son église.

Et comme il habite lui même dans le bidonville, il m'a amené là-bas. Comme les constructions sont provisoires (les habitants ne savent pas quand le gouvernement va décider de lotir), les maisons sont construites en banco (brique en terre). Donc l'église est faite de 4 murs de banco, avec un toit de tole ondulée, soutenu par quelques piliers en métal. Il y a simplement des bancs, très rapprochés les uns des autres, une chaire (avec un micro et un mini haut-parleur à main), ainsi qu'une table de communion.
Je n'ai pas pris de photos, car je ne suis toujours pas très à l'aise de sortir l'appareil face à des gens si pauvres. Mais peut-être la prochaine fois.

Le culte était très vivant et... très long. Début à 8h (Ousmane est venu me chercher à 7h30 en moto), fin peu avant 11h. Beaucoup de lectures bibliques, et des chants. Et tout est dit en français puis traduit en moré (et parfois l'inverse), pour que chacun comprenne. Les lectures sont également traduites oralement en moré.

Concernant le bidonville, quelques explications supplémentaires que m'a donné Ousmane. En fait, beaucoup de gens habitent ici, car ils n'ont pas les moyens d'acheter un terrain ailleurs (très cher). Par contre, en achetant pour pas cher un petit espace ici, ils ont l'assurance que lorsque le gouvernement décidera de lotir (et donc de raser le bidonville pour y mettre des parcelles et des routes), ils se verront attribuer une parcelle pour pas très cher. Concernant le bidonville en question, le gouvernement a déjà procédé au resecensement des personnes qui y habitent, donc ils devraient lotir dans pas trop longtemps. Mais qu'est-ce que ça veut dire ici "pas trop longtemps".

Mais quelle différence me direz-vous entre bidonville et zone lotie... La plus falgrante, c'est les routes, qui n'existent tout simplement pas dans le bidonville. Il s'agit de chemin tortueux et étroits ou je défie quiconque de passer en voiture. Déjà en moto, c'est du cross, il faut s'accrocher. Au moins, dans les zones loties, il y a des grandes routes (n'imaginez pas qu'elles sont goudronnées, disons plutôt des grands espaces dépouvus de construction).
Par rapport aux maisons, les maisons sont en banco dans les bidonvilles, alors qu'elles sont en brique dans les zones loties. Donc plus solides en zone lotie (mais pas forcément plus grand).
Niveau eau et électricité, il n'y en pas dans dans le bidonville, sauf peut-être à certains endroits avec des personnes riches. Mais il n'y en a pas non plus toujours dans les zones loties, il faut que suffisament de personnes demande l'électricité pour que la SONABEL (société nationnale burkinabé d'électricité), décide de mettre une ligne.

Bref, tout ça pour dire que je ne sais pas comment ces gens font pour vivre dans une pareille incertitude. Ils n'osent pas trop agrandir, car peut-être demain, peut-être la semaine prochaine, tout va être rasé. Bon, ce n'est pas aussi grave qu'à certains endroits ou le gouvernement rase avec tout ce qui se trouve dans les maisons, mais tout de même. En fait, je pense que ce qui les fait tenir, c'est l'espoir d'un futur meilleur. Et tant qu'il y a ce brin d'espoir, l'espoir d'avoir un petit bout de terrain à soi, on peut vivre sereinement.

A part ça, je suis malade depuis hier soir, bon ça n'a pas l'air très grave, mais j'ai mal au ventre et de la diahrée. Je sais pas ce que j'ai mangé de pas bon, j'ai pourtant essayé de faire attention, mais c'est vrai que petit à petit, on relache un peu l'attention, on étend un peu la game des aliments (j'ai tenté les légumes crus et la viande), ... Bon, le seul remède, c'est de rester tranquille, de prendre quelques médicaments et d'attendre que ça passe. Mais ça va déjà mieux, juste encore le ventre qui gagouille un peu.