Changé de tete

Alors cette fois c est fait, j ai changé de tete, je suis une vraie africaine.
En primeur:
Avant:

Après, avec ma coiffeuse:

Et quelques photos des enseignants en train de corriger les examens blancs des CM2:


Attaque de spam

Mon blog s'est fait attaqué par des spams... Grrr...
En attendant que je trouve une solution, je suis contrainte de désactiver l'option de commentaires... Donc si vous voulez réagir, faites-le par mail...
Et si qqun a une solution anti-spam...

Vélo, suite et fin

Je vous ai zappé quelques épisodes de mon vélo, en résumé, crevaison à répétition et perte de pédales à répétition.
Samedi, j'ai pris une grande décision, acheter un nouveau vélo. Je me suis entouré d'un acheteur/négocieur avisé et mardi, on est allé et on a pu en avoir un a bon prix (13frs de plus que le précédent). La difficulté, c'est de reconnaître les bons vélos.
Le premier, c'était écrit "Made in China", mais en vérité, j'ai appris qu'il venait plutôt d'un pays africains et l'autocollant est juste là pour faire joli. Mais ce qui est marrant, c'est que celui que j'ai payé, d'occasion, les gens ici l'appellent "Aurevoirfrance", pourtant, j'en ai jamais vu des comme ça en France. Et en regardant de plus près, j'ai trouvé un petit autocollant "Made in Japan". Donc je sais pas trop d'où il vient, ce dont je suis sûr, c'est que c'est un pays plat (car il n'a pas de vitesse, comme la majorité ici), et que c'est d'une bien meilleure qualité que l'autre.
Je l'ai testé aujourd'hui et j'ai l'impression d'avoir un vélo électrique, tellement je vais vite sans pédaler beaucoup. On sent tout de suite la différence de qualité des pneus (plus larges, mieux gonflés), des jantes, des pédales (je suis sûr de pas les perdre), etc. On peut vraiment pédaler, c'est un vrai bonheur. Je vais enfin de nouveau pouvoir m'aventurer en ville sans avoir le crainte d'en perdre une partie en route.
Et mon ancien vélo a déjà trouvé prenneur. J'ai pas oser le proposer plus cher que la moitié du prix d'achat (vu l'état et la qualité), et j'ai déjà des gens qui se sont battus pour l'avoir... Je pense qu'un bon bricoleur peur s'arranger pour en faire plus ou moins quelque chose.
Donc un conseil, si vous allez en Afrique, achetez un vélo d'occasion, et surtout, vérifiez la qualité, car souvent, pour pas très cher, on trouve de la bonne qualité.
Sinon, j'ai eu aussi l'occasion de faire un peu de moto, car le marchand de vélo était assez loin et mon négocieur trouvait que c'était trop pour moi, donc il m'a confié sa moto et me suivait en vélo. Sur la moto, c'est option minimum, pas de retro, le compteur marche pas, les clignotants non-plus. Pareil pour l'embrayage, donc on change simplement les vitesses sans débrayer. J'allais très lentement pour pas semer mon vélo, et aussi parce que le frein, faut avoir confiance et appuyer très fort ;-)
PS: La devinette du jour, j'ai pas pu donner l'informatique aujourd'hui, ce n'est pas à cause d'une coupure de courant, mais pour quelle raison? J'attends vos propositions, suggestions,...

Température en hausse

Ecrit dimanche soir.

Aujourd'hui, j'ai déjà tourné la page de mon calendrier pour voir l'image de la semaine prochaine. C'est une photo du Wetterhorn (pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'aller à Grindelwald, c'est une des montagnes qu'on y voit), donc je me sens comme chez moi. Avec au premier plan, un petit chalet en bois, recouvert d'une bonne couche de neige.
Je suis complétement décalée, car ici, la température a atteint 37°C aujourd'hui (à l'ombre). Promis, je n'ai pas mis le thermomètre dans la bouche ;-) Je réussis à ne pas monter au-dessus des 30°C à l'intérieur, c'est supportable. Mais je rêve de me rouler dans de la neige bien froide. Surtout le soir avant de m'endormir, quand la température ne redescend que très très lentement... (en général le matin, je me réveille à 25°C).
Côté bronzage, j'ai déjà atteint mon niveau habituel de fin d'été (c'est à dire pas grand-chose) pour les bras et le visage. Je commence à ne plus supporter les pantalons, même léger, donc les jambes vont s'y mettre (mais gare aux coups de soleil, car ça tappe fort).
Et dès demain, je vais commencer ma métamorphose en burkinabée, j'ai prévu de passer chez la coiffeuse pour faire des tresses, car les cheveux, qu'est-ce que ça tient chaud! Donc j'espère qu'avec les tresses, ça sera un peu plus aéré... Je vous mettrai la photo dès que possible.

Confiance et contrôle

Faire confiance à quelqu'un, ce n'est pas toujours évident. En général, on a besoin de connaître la personne suffisament pour lui faire confiance. On ne va pas faire confiance au premier venu.

Pourtant, lorsqu'on travaille à plusieurs, on doit faire confiance à ses collègues. Sinon, on ne peut pas avancer. Si je vérifie systématiquement tout ce que l'autre à fait, je ne vais pas avoir le temps de faire mon propre travail.
Quand je dirige une équipe, je dois donc faire confiance à mon équipe. Mais la confiance, ce n'est pas une confiance aveugle, qui ne vérifie rien, qui laisse tout faire n'importe comment. Il faut se donner les moyens de faire confiance, se donner les gardes-fous pour éviter que la confiance ne se transforme en "laisser-faire". Il faut avoir des moyens de contrôle adéquats.

Pour une ONG, il est important qu'elle fasse confiance à des gens sur le terrain, pour mener à bien les projets. Mais il est aussi important de vérifier que l'aide apportée est adéquate et juste. Et cette vérification n'est pas forcément évidente, car lorsque l'on vient juste quelques jours sur place, on ne peut pas toujours voir la réalité. Il est tellement facile de balayer la cour juste avant l'arrivée du Nassara (le blanc en langue moré) pour que ça paraisse propre. C'est ce qui s'est passé jeudi. Ma salle d'informatique a été nettoyée de fond en comble (même les vitres ont eu droit au produit et au chiffon), car un représentant est venu voir l'école. Il n'est même pas venu dans la salle d'informatique, mais, on ne sait jamais, il faut que ça paraisse bien.

Comment vérifier que l'argent et le matériel envoyé est bien utilisé à ce pour quoi il a été destiné? Qu'il n'y a pas de gaspillage inutile? Qu'il n'y a pas de personne qui s'en mette plein les poches au détriment des autres?
Pour l'argent, on peut penser qu'il suffit de regarder les comptes et de vérifier toutes les pièces comptables pour voir où l'argent est parti. Et pour le matériel, suffit de compter ce qui est là.
Sauf que, il y a l'usure, et l'usure d'un ballon de foot sur un terrain ici (fait de sable et de cailloux), n'est pas la même usure qu'une ballon sur un terrain en herbe. Pareil pour les ordinateurs qui ont des conditions plus difficiles ici, avec toute la poussière.
Alors comment savoir ce qui est de l'usure normale ou ce qui ne l'est pas. Un ordinateur, même s'il ne fonctionne pas, est gardé préciseusement pour dire "on ne l'a pas utilisé à autre chose". Et on restreint l'utilisation des choses, car si l'ordinateur n'est pas utilisé, il s'use moins (pareil pour le ballon de foot).
Cette logique conduit à stocker du matériel, sans l'utiliser, car si on l'utilise, il va s'abimer ou disparaître et le Nassara ne sera pas content quand il va venir. Dans une salle de l'école, il y a des piles de cartons de livres, qui prennent la poussière. Ils attendent d'être utilisés, mais pour ça il faut l'accord du président, qui n'a pas le temps de venir les compter pour s'assurer qu'il n'y en a pas qui vont disparaître en cours de route, car il ne fait pas confiance à ceux qui vont trier.
On retrouve le problème de confiance, qui amène de nombreux jeunes à se démotiver, car ils ont des projets, ils ont des envies, mais si on ne leur fait pas confiance et si on ne leur donne pas quelques moyens, cela reste des projets, qui petit à petit s'estompent. Et finalement, on fait son travail, sans motivation, car il faut bien se nourrir...
Faire confiance, ce n'est pas facile, il faut trouver le juste équilibre pour que des projets puissent voir le jour. Il y aura toujours de l'argent qui n'ira pas au bon endroit, qui se perdra dans une poche, mais en voulant trop contrôler, on peut aussi avoir l'effet inverse et perdre de l'argent, car les gens qu'on engage ne sont plus productifs. Lorsqu'un assistant passe ses journées à lire et à surfer sur Internet parce que son patron ne lui a rien donné à faire, n'est-ce pas de l'argent gaché?

Donner et recevoir

L'Abbé Pierre a écrit: "Je ne suis pas venu vous demander de l'argent, mais beaucoup plus! Gardez cet argent qui pourrit tout, partout... Tant qu'il n'est pas précédé du don de vous-même, de votre présence parmi ceux qui souffrent, il est inutile. Il gâche au lieu de sauver." (Parole de Fraternité, ed. Albin Michel)
Ces phrases peuvent assez bien résumer la raison de ma présence ici, à Ouagadougou. Ne pas juste donner un peu d'argent pour avoir bonne consicence, mais donner son temps, son énergie, parmi ceux qui en ont besoin. Ne pas rester à distance, mais être parmi ces gens.
Mais je me rends compte que donner, ici, ce n'est pas si simple. Car si l'on donne un doigt, on nous demande le bras. J'essaie de rendre service chaque fois que je peux. On me demande souvent des conseils informatiques, par-ci par-là. Quand je peux, je réponds, j'aide. Mais je ne peux pas toujours faire des miracles... Je ne peux pas remplacer le matériel défaillant, trop vieux ou mal entretenu par eux. Et je ne veux pas non plus tout faire à leur place, ils doivent aussi prendre soin du matériel qui leur a été donné.
J'essaie d'expliquer que le matériel qui arrive dans les containers ici, le matériel qui leur est envoyé, c'est du travail, ce n'est pas "gratuit". Que les ONG en suisse se démènent pour trouver des ordinateurs, des bancs, des chaises, etc. pour les envoyer ici. Des fois, c'est triste de voir comment sont traités ce qui est envoyé, comme si c'était normal de le recevoir, comme si c'était un du et que ça n'a rien coûté... Pourtant tout le travail de récolte et d'envoi, même si c'est des objets que nous ne voulons plus, est important.
Et ces paroles de l'Abbé Pierre me vienne, et je me dis que même lorsqu'on envoie pas d'argent, mais des objets... il n'y a pas la gratitude de recevoir. Je ne demande pas qu'on remercie tous les bénévoles, mais juste qu'on ait conscience de ce travail et qu'on en prenne soin. C'est ce que j'essaie de leur dire, quand on donne, ce n'est jamais gratuit, et il faut donc avoir l'intelligence de recevoir ce don comme un don et non comme un du.
Ce midi, j'ai rencontré la soeur d'un enseignant, qui revient d'un voyage en Suisse. Son mari y est resté, dans l'espoir de trouver du travail et un permis de séjour. Pour elle, la Suisse est un pays merveilleux où les frigos sont pleins ou tout est propre, beau. Elle espère pouvoir rejoindre son mari au printemps ou début de l'été, quand il aura son permis.
Comment lui expliquer la différence entre les vacances et la réalité de la vie en Suisse? Comment briser ce mythe d'Eldorado qu'elle répand autour d'elle? Elle était chez des amis en Suisse, elle n'a pratiquement rien payé, on lui a tout offert. Comment lui expliquer que si elle vit en Suisse, on ne va pas continuellement payer pour elle, que ce sera à elle de remplir le frigo? Comment lui expliquer qu'obtenir un permis de séjour, ce n'est pas si facile? Elle prie Dieu pour qu'il fasse selon sa volonté (et donc qu'elle puisse venir en Suisse). J'ai envie de prier pour que son mari revienne ici, près de sa femme. Car je suis convaincue qu'ils seront plus utiles pour leur pays ici, qu'en Suisse.
Difficile d'expliquer que la Suisse, c'est pas aussi beau et joli, qu'il y a aussi des problèmes (mais comment leur expliquer les problèmes de chomage, d'assurance maladie en hausse, de délinquance des jeunes, d'obésité, etc.). Vu d'ici, tout le monde mange à sa faim, même les SDF peuvent avoir des soupes populaires, c'est donc le paradis! Mais plutôt que de fuir la réalité d'ici, qui, il est vrai, est difficile (voir très difficile pour certains), j'essaie de les encourager à se mobiliser pour changer les choses ici. Pour que le Burkina devienne aussi un pays où il fait bon vivre et où l'on a envie de rester. Car on peut changer les choses, on peut améliorer la vie des gens, essayer de diminuer les inégalités sociales, améliorer la santé. Beaucoup d'améliorations ses dernières années et les Burkinabè le reconnaisse, mais il y a encore tellement à faire.

Electricité, je suis révoltée...

Vous allez croire que j'ai toujours des problèmes, mais rassurer vous, je passe aussi des très bons moments ici, à discuter avec les gens, à donner les cours. Mais il y a souvent des points qui m'interpellent... et j'aime les partager avec vous.
Hier soir, comme j'étais en train de partir, le directeur m'a demandé à quelle heure finissait le cours d'informatique pour les enseignants. L'heure est un peu aléatoire, selon leur motivation et la mienne, mais généralement vers 19h. Il m'a demandé de faire une heure fixe pour des questions de coûts d'électricité, l'électricité est très chère ici.
Moi qui voulait justement lui demander de permettre aux enseignants d'avoir accès à la salle à d'autres moments que le cours, maintenant qu'ils ont les bases, pour s'entraîner un peu :-( mal parti.
Toute la question est de savoir si ces cours sont une formation personnelle pour les enseignants ou si c'est en lien avec leur enseignement. Moi je prétends que c'est un plus pour l'enseignement, mais le directeur ne le voit pas de la même manière... Pour lui les enseignants devraient payer l'électricité utilisée (imaginez que les enseignants du primaire genevois doivent payer l'électricité s'ils restent en classe après les cours ;-))
Analyse de la situation:
L'électricité au Burkina est chère car elle est produite par des centrales thermiques et le pétrole ayant augmenté, l'électricité suit la même courbe. (Je vous épargne la photo de la centrale devant laquelle je passe chaque fois que je vais en ville... ça fait peur la fumée qui en sort).
-> En bonne écologiste, tilt, le Burkina n'a pas des montagnes et des rivières comme la Suisse, mais par contre elle a ... du Soleil. Pourquoi ne pas installer des panneaux solaires sur l'école et le tour est joué! Et en plus, ça résoud le problème des coupures de courant régulières (actuellement, c'est minimum 1 fois par jour, car il y a des travaux à côté de l'école).
:-( L'entreprise d'électricité (organisation étatique) a interdit la pose de panneau solaire en ville. Pourquoi? Car il y a des taxes sur l'électricité qui vont au gouvernement et que si des gens construisent des panneaux, ils ne payeront plus la facture chaque mois...
8-( Grr... Je ne sais pas ce qui me révolte le plus là-dedans, le fait d'encourager la pollution avec les centrales thermiques ou de limiter le développement du pays avec de l'électricité chère qui entrave la réalisation de certains projets. Sans parler du fait que les coupures régulières de courant sont certainement en partie due à une surcharge du réseau parce que les centrales n'arrivent pas à suivre :-(
Bon, j'imagine une solution qui pourrait peut-être débloquer la situation, mais il faudrait convaincre la société d'électricité et/ou le gouvernement (ça c'est une autre paire de manches). C'est que la société d'électricité loue des panneaux solaires aux particuliers qui le désirent. Comme ça elle peut continuer à encaisser les taxes (sur le montant de la location) tout en favorisant l'utilisation des panneaux solaires (car en location, ça ne fait pas un gros montant de départ pour les particuliers). Je suis sûr que même avec des taxes, vu le prix du pétrole, la société d'électricité s'y retrouve rapidement. Et pourquoi pas relier ces panneaux solaires au réseau existant, pour le renforcer. Ca demande un investissement important au départ (pour l'achat des panneaux solaires), mais après...
"Lorsqu'un seul homme rêve, ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes rêvent ensemble, c'est le début d'une nouvelle réalité." Hundertwasser

Quelques photos

Maintenant que mon ordinateur remarche à peu près correctement (merci Greg pour l'antivirus, très efficace), je prend le temps de mettre quelques photos.
Tout d'abord celles de l'ouverture de l'OSEP dont je vous ai parlé.

Ensuite celle du parc d'attraction de Ouaga, c'est juste pour le fun.

Et enfin des photos d'une chauve-souris qui a eu la mauvaise idée de se perdre dans la salle d'informatique. Je crois pas qu'elle soit morte, mais bien sonnée, car elle s'est prise le ventilateur... Il parait qu'ici, la chauve-souris, ça se mange, je me demande le goût, mais j'ai pas envie d'essayer...

Soussous- épisode 2

J'ai de nouveau eu Postfinance au téléphone aujourd'hui, et j'ai même pas eu besoin de les harceler, quand j'ai expliqué que j'avais plus que 50frs sur moi, ils ont tout fait pour débloquer les choses. Ca avait l'air un peu compliqué, ça a pris 30 minutes (heureusement que j'étais avec skype), mais c'est fait, normalement dès demain je peux retirer de nouveau. Ouf!
Et j'ai pu réparé ma pédale aussi.
Reste plus qu'à ouvrir un compte dans une banque ici, pour diminuer les frais, on verra si c'est plus simple qu'en suisse ;-)

50 frs en poche et c'est tout

Est-ce que l'un d'entre vous s'est déjà retrouvé avec l'équivalent de 50frs suisse en poche, à plusieurs milliers de km de chez lui, sans autre moyen d'avoir de l'argent?
Si oui, tu pourras me comprendre...
Commençons par le commencement, je suis partie au Burkina avec 3 moyens de payements: du cash (des euros), ma Postcard (sur le site de Postfinance, il est indiquée que la Postcard est acceptée par 4-5 banques à Ouaga) et une carte Visa. Tout voyageur avisé sait en effet qu'il faut avoir plusieurs cordes à son arc.
En arrivant à Ouaga, il me fallait quelques francs CFA, ne sachant pas ou se trouvait les banques acceptant la Postcard, j'ai trouvé plus simple de changer des euros pour commencer, et je chercherais ensuite. La majorité du cash a donc été changé en CFA.
Dès que j'ai eu le vélo, je me suis renseigné et je me suis rendue en ville à la recherche d'une banque compatible. Mais là, le bancomat a refusé ma carte. Je suis retournée le lendemain, on ma dit que cette banque n'acceptait pour l'instant pas la visa (pour la postcard, il faut un bancomat compatible visa plus, donc si pas de visa, pas de postcard). Et en fait, les autres adresses que j'avais à Ouaga était des filiales de cette même banque. J'ai donc fait un retrait dans une autre banque avec ma Visa, en attendant.
J'ai envoyé un mail à Postfinance pour savoir ce qu'il en était avec ma Postcard et qu'ils me donnent une autre banque qui me permette de retirer. Ils m'ont répondu qu'il n'y avait pas d'autre endroit...
Je me suis donc résignée à utiliser ma visa et à en supporter les frais élevés (10 frs min par retrait). Mais samedi, le distributeur ne voulait pas me donner de sous. Comme les distributeurs ne sont pas toujours fiables ici, je me suis dit que c'était peut-être le distributeur qui avait un problème. Je suis également retournée à l'autre banque voir si par hasard il y avait du changement et qu'ils acceptent la postcard. Nada.
Bon, il me restait encore un peu de cash, mais tout de même, c'est enervant de rentrer les mains vides, surtout que j'avais des projets d'achats en vue (du tissu pour un habit notamment). Je suis donc retournée mardi matin et là, rebelotte, 3 banques, aucune qui accepte de me donner du cash. J'ai rencontré des français qui avaient aussi un problème de carte. Donc je me suis dit, c'est encore les banques qui ont un problème...
Pour ajouter du piment à la chose, en me rendant à la banque, j'ai crevé à ... attention tenez vous bien ... 3 reprises, soit à peu près tous les km. La 3ème fois, j'ai donc décidé de faire changer le pneu qui était un peu abîmé et sûrement la cause des crevaisons. Sauf que, de gentils escrocs burkinabè m'ont emmenée pour la réparation "pas chère" et m'ont demandé une somme astronomique. Comme je n'avais pas négocié le prix du matériel avant qu'ils montent le pneu (et que je ne connaissais pas les prix), j'étais un peu embêtée. J'ai négocié ce que j'ai pu (1 tiers en moins, quand même), mais je l'ai payé très cher (à peu près le quadruple du prix, bon, ça reste moins de 25frs pour un pneu et une chambre à air y compris le montage)...
Je ne vous explique pas mon état d'énnervement en rentrant ce matin là, non seulement de n'avoir pas pu tirer d'argent à la banque, d'avoir perdu mon temps à faire réparer mon vélo (chaque crevaison = min 30 minutes de réparation), mais en plus, de m'être fait arnaqué, alors que justement, j'avais pas trop de réserve de sous. Il m'a fallu tout le reste de la journée pour me calmer...
Mercredi matin, courageusement, je repars à la banque, en espérant ne pas crever et obtenir des sous. Je n'ai pas obtenu mes sous, je n'ai pas crevé non plus, mais j'ai perdu la 2ème pédale ;-) Bon j'ai pu appeler postfinance (merci le cyber avec skype repéré quelques jours plus tôt), qui m'a gentiment expliqué que ma visa avait une limite de retrait au bancomat de 400frs par mois et que donc je pouvais encore retirer 36frs et des poussières (contre 10frs de taxes, bien sûr). Me souviens pas d'avoir demandé une telle limite...
Ce qui se corse, c'est que les retraits, je les ai tous fait sur le mois de janvier, et actuellement, nous sommes en février. Donc... Réponse très gentille: "La limite est enlevée lorsque le payement est effectué". Super, mais ma visa est payée avec le débit direct, donc ce ne sera débité qu'à la fin du mois sur mon compte.
La gentille dame a eu de la chance, car sur le moment, j'étais contente de savoir pourquoi ça marchait pas, d'avoir enfin une réponse claire et j'espérais pouvoir faire qqch en me connectant à Postfinance, genre payer la facture plus vite. Mais non... aucune trace de ma visa sur mon compte...
Donc actuellement, mercredi 13 à 22h15, j'ai un vélo sans pédale, j'ai deux pédales neuves dans le sac (achetée par un des enseignants, merci Ousmane) qu'il faut que je fasse monter demain par le mécanicien(pas eu le temps aujourd'hui), et j'ai a peu près l'équivalent de 50frs suisse en poche (plus une 30aine d'euros). C'est pas la mort, car on vit avec peu ici, mais c'est juste... ennervant, et un peu stressant aussi, car s'il m'arrive quoi que ce soit...
Suite au prochain épisode...
PS: Ne vous faites pas de soucis, plusieurs personnes m'ont dit qu'elles pouvaient me prêter de l'argent si besoin, c'est donc pas si tragique et je suis sûr d'avoir une solution demain (y a juste un employé de Postfinance qui risque de s'en prendre plein la gueule s'il ne coopère pas, grrr). Et en attendant, une bonne barre de chocolat suisse et au lit.

Importation, copie et imitation

On ne peut pas comparer le Burkina à la Suisse, car tout est tellement différent... Pourtant, je me livre souvent aux jeux des ressemblances et des différences. Sûrement parce qu'il est plus facile d'apréhender une réalité à partir de ce que l'on connaît, et il est difficile d'oublier nos références, difficile de se passer de nos habitudes et de nos idées. Donc je vous propose cet exercice, en essayant de creuser un peu plus loin, de dépasser le stade de la simple curiosité pour voir ce qu'il y a derrière.
Partons sur les ressemblances:
Dans les super-marchés, on trouve "exactement" le même produit qu'en Europe, car c'est le produit européen qui est venu, tel quel, une importation donc.
Mais au rang des importations, on trouve aussi des choses qui ne sont pas comme en Europe, par exemple les voitures usagées, les vieux ordis, les vieux habits, les vieux vélos (d'ailleurs appelés "Aurevoirfrance") ... Toutes ces choses que l'Europe ne veut plus, que l'on ne voudrait pas voir dans nos rues.
Deux catégories d'importations, donc, d'un côté le neuf, qui s'adresse à une population aisée, qui a les moyens et qui veut vivre "à l'Européenne". Et de l'autre le 2ème main, l'usagé, qui est destiné aux pauvres et à ceux qui ont peu de moyen. Une importation à 2 vitesses, qui montre un grand écart entre les gens.
Ensuite nous avons la copie et l'imitation. Bien entendu la copie de produits de marque, comme à beaucoup d'endroits. Mais ce qui m'intéresse plutôt, c'est l'imitation dans la manière d'être, dans les façons de s'habiller et de se comporter.
Qu'on ne s'y trompe pas, ici, la télévision et la radio ont une grande influence, ce qui passe sur "TV5 internationnal" est l'image de l'Europe. Donc ce n'est pas toujours une image vraie au départ qui est copiée et en plus ce n'est pas le meilleur qui est copié.
Le natel, par exemple, est un accessoire indispensable, y compris pour ceux qui peinent à trouver à manger, on trouve des cartes de recharges à tous les coins de rues, les opérateurs font du forcing pour que les gens utilisent (actions minutes gratuites et autres)... A l'inverse, les motos et scooter sont très fréquents, mais le casque, lui, est presque inexistant. C'est cher, ça donne chaud et ça abime les coiffures, à quoi bon? Le gouvernement a essayé de copier en obligeant le port du casque, mais les gens ne veulent pas. La prise de conscience des accidents est différente.
Du côté du système scolaire, difficile de dire si c'est une copie ou une importation. Je pense que les français ont d'abord imposé leur système lors de la colonisation (importation) et que maintenant, il n'y pas de raison de changer. D'autant qu'il manque des enseignants et que les conditions sont difficiles, donc on "copie" au mieux. Pourtant, même si on retrouve les mêmes dénominations qu'en France (CP, CE, CM, puis 6ème jusqu'au bac) et un programme assez semblable, il y a de grandes différences au niveau de l'application. Déjà au niveau de l'entrée à l'école, normalement vers 6 ans au CP1, mais ici il n'y a pas de réelle vérification, certains enfants démarrent déjà à 4 ans, et on m'a parlé d'une élève, actuellement en CM1, qui a démarré le CP1 à 9 ou 10 ans (car auparavant, elle était au village, un endroit sans école). Il y a donc une différence de plus de 5 ans entre les plus jeunes et plus âgés d'une même classe, avant même de parler de redoublement. Et bien sûr, cela dans une classe de 90 élèves, comment appliquer la différenciation?
Le résultat est que les enseignants ne peuvent pas vraiment se préoccuper de tous les élèves et que beaucoup sont largués en route, advienne que pourra... C'est déjà bien si l'enfant a pu aller à l'école, non?
Et dans tout ça, les enseignants peinent à "copier" l'Europe en matière de discipline, il est toujours permis de frapper les élèves, et les enseignants pensent qu'avec les conditions d'ici (notamment taille des classes), on ne peut pas faire autrement. Comment faire comprendre qu'un enfant a besoin d'un climat serein pour apprendre?
Finissons sur une note plus joyeuse, au rang de l'imitation, ici aussi, on fête la Saint-Valentin! Et j'aime à penser qu'ici, avec peu de moyen, la fête est moins commerciale et plus amoureuse...

Morceaux choisis

Le temps passe trop vite et je n'ai pas le temps de tout vous raconter... Il y a tellement de choses qui se passe et que j'aimerais partager. Quelques morceaux choisis.
Pour commencer, il faut que je rectifie l'affirmation du précédent message, je crois bien que nous sommes dans le mois des coupures d'électricité. Après les 2 coupures de dimanches, nous avons encore eu: lundi matin vers 7h, env 30 minutes, hier soir vers 20h, env 1h30, et encore cet après-midi, env 30 minutes et ce soir, 30 minutes pendant le cours avec les enseignants. Du coup, j'arrête de faire des provisions, car le frigo ne suit plus. Il faut que j'achête un stock de bougie et je me demande aussi pour une batterie de secours pour le frigo...
Du côté de l'école, mercredi, j'ai assisté au renvoi des élèves dont les parents n'ont pas payé pour le mois. La secrétaire ne le fait vraiment pas avec gaîté de coeur, mais c'est apparament le seul moyen de faire comprendre aux parents. Après deux rappels (lundi et mardi), elle se rend dans les classes avec la liste des enfants dont les parents n'ont pas payé, et les enfants doivent rentrer chez eux chercher leurs parents pour payer. C'est très efficace, en tout cas pour certains, les parents sont là dans le quart d'heure qui suit. Mais c'est pas facile de voir certains enfants revenir, la larme à l'oeil, dire que papa n'est pas à la maison. L'enseignant hésite... il y a un élève qui est déjà revenu en disant "Papa m'a dit de vous dire que papa n'est pas à la maison", se trahissant ainsi, donc ils se méfient. Mais il a laissé les enfants revenir, en disant que pour l'après-midi, il n'y aurait pas d'exception, il faut que papa vienne.
L'après-midi, je suis allée à l'ouverture de l'OSEP, organisation du sport à l'école primaire. Cet organisme organise des rencontres inter-école pour des tournois de foot et autre. C'était dans le stade juste à côté de lécole, avec pleins d'officiels et des discours. Et surtout le défilé des différentes circonscription d'école de Ouagadougou. Chaque circonscription défile avec une vingtaine d'élèves en maillot de sport.
C'est un peu militaire, mais c'est rigolo à voir. Ca permet de motiver les élèves à progresser dans le sport.
Ce qui m'attriste pourtant, c'est que les enfants de mon école ont défilé pour une autre circonscription, car cette dernière n'avait pas les moyens d'y amener des élèves (le transport des élèves étaient trop cher), elle a donc juste envoyé les maillots. Quelle représentation des écoles...
J'ai également eu une longue discussion avec les enseignants qui se plaignaient que tous les élèves ont été laissé en plein soleil sans qu'on ne leur offre de l'eau à boire, alors que vu la manifestation, ça devrait être prévu dans les budgets. Moi, je me trouvais avec d'autres adultes (enseignants et officiels), sous une tente, dans laquelle des sachets d'eau ont passé.
Pour finir ces morceaux choisis, je me bats avec les virus de mon ordinateur (si qqun à une solution pour enlever un virus qui ne me permet plus d'afficher les fichiers cachés, car Avast est impuissant), le ventilo qui ne tourne pas (et du coup l'odi surchauffe, encore plus avec le virus qui le fait travailler plus), et du coup, j'ai pas encore les photos à vous mettre, mais ça viendra, dès que possible.

Poussière

On m'a dit qu'on ne voyait pas assez la poussière sur les photos des ordis, alors je remets une photo qui me parait encore plus explicite...

Aujourd'hui j'ai également nettoyé l'ordinateur du secrétariat. Et comme le secrétariat n'a pas de fenetre, je vous laisse imaginer...

Sinon deux photos de la cantine scolaire, qui sert les repas pour les 500 enfants de l'école primaire. Donc tout est cuisiné au feu de bois et en attendant que les élèves sortent, certains volatiles se régalent...

Solution du vélo

Personne n'a trouvé la bonne réponse, mais je vais arreter le suspens... En fait, j'ai perdu une pédale (et non pas les pédales) Heureusement, c'était à l'arrêt, lorsque je repartais après le feu rouge... Le premier réparateur a pu réparer en me mettant une pédale d'occasion. Coût de la réparation: 75ct, et je suis sûre qu'il m'a arnaqué vu la tête qu'il faisait ;-) Mais à ce prix... j'ose pas négocier.

Electricité, une denrée précieuse...

Aujourd'hui, journée nationale des coupures de courant. Je plaisante, mais qu'à moitié.
Peu avant midi, je faisais ma lessive (à la main, bien sûr), et la lumière de la salle de bain s'est éteinte. Bon, pas très grave, je peux ouvrir le volet (qui était fermé pour garder la fraicheur) et continuer. Je vérifie que c'est pas le néon, que le disjoncteur n'a pas laché, non, c'est bien un coupure, apparament générale. Donc il n'y a rien à faire qu'à attendre.
Je me fais juste un peu de souci pour le frigo, car je suis allé au super-marché hier... Donc il est plein et certains produits (viande, yoghurt,...) ont vraiment besoin d'être au frais. Pour le repas, j'ouvre et referme vite le frigo pour ne pas laisser rentrer trop de chaleur. Bref, au bout d'une trentaine de minute, j'entends le doux bruit du frigo qui se met en route, le courant est de retour.
Vers 16h30, je travaille à l'ordinateur, quand la voisine vient me demander si j'ai du courant. J'avais pas remarqué (car dans la chambre, j'évite mon néon grésillard, donc je travaillais à la lumière du jour), mais non, plus de courant. Vérification est faite chez les autres voisins, cette fois, la coupure est localisée. Juste moi et la voisine. Ceux du dessus ont du courant. Pourtant, aucun disjoncteur n'a lâché. Mystère...
La voisine a entendu un bruit dans son compteur avant la coupure, donc c'est probablement un problème dans son circuit, mais qui affecte aussi mon appart. Après la visite des voisins, puis de l'homme à tout faire, on appelle l'électricien (nous sommes dimanche, mais ici, ce n'est pas un problème).
A nouveau, souci pour le frigo, car même si c'est le soir, il fait encore chaud. Et le souci suivant, c'est la nuit qui tombe. Je n'ai pas encore fait l'acquisition de bougies, ce sera lors de ma prochaine visite au super-marché, mais j'ai 2 lampes de poche, donc ça devrait aller.
Et pour l'ordinateur, j'utilise précieusement ma batterie externe, qui permet de compléter celle de l'ordinateur, quelque peu défaillante...
Bon, ici les gens sont moins dépendant de l'électricité, mais nous autres, européen avons beaucoup de peine à faire sans...
Petite photo de l'installation de la voisine, démontée par l'électricien.
La solution: quelques tours de tournevis dans un boitier à l'extérieur de la maison, quelques étincelles, et maintenant, ça fonctionne.

Encore 2 photos pour finir, j'ai fait le ménage dans les ordis de l'école vendredi, vous aviez vu la poussière extérieur, voilà l'intérieur...
Et j'ai réussi à installer les programmes sur tous les ordis, en déplaçant un lecteur disquette qui fonctionne d'ordi en ordi... C'était la solution la plus simple, je pense, à mon problème...